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mise à jour du 20/02/2012

Article de Christian DOUCET paru dans Qualité Références

Le traitement des problèmes en qualité fonctionnelle

Dans les démarches qualité classiques, le traitement des problèmes est souvent long et peu efficace : cela commence par une fiche qui est examinée quelques semaines plus tard en comité. Lorsqu’on a de la chance des décisions de principe sont prises mais il faut trop souvent encore des mois pour qu’elles soient appliquées quand on ne s’aperçoit pas, à la revue de direction suivante, qu’elles ont été complètement oubliées…

Ceci est grave car cela dénature complètement la démarche qualité dont l’objectif essentiel reste quand même d’améliorer. Cela entraîne alors un isolement du responsable qualité, dont les autres services ne voient plus l’utilité réelle, en dehors du maintien formel du certificat.

La démarche fonctionnelle inverse complètement ce processus en plaçant l’amélioration permanente au cœur de la démarche, avec un objectif simple : agir vite et efficacement.

Voyons comment...[1]

Les grands principes :

Comme nous l’avons vu dans les autres articles, en démarche fonctionnelle, l’objectif central est d’agir vite et efficacement. Par exemple, inutile de faire des fiches si le problème peut être résolu immédiatement. Les fiches sont utiles seulement pour des actions importantes qui demandent des accords de la hiérarchie.

Dans les meilleures entreprises  on met en place des délégations pour des actions de faible coût, qui peuvent ainsi être réalisées immédiatement. Et, dans notre domaine, beaucoup peut être fait pour des coûts nuls ou insignifiants : assouplissement simple d’un processus, d’un formulaire, formation interne, etc, etc… C’est d'ailleurs l’esprit du KAIZEN (la méthode des petits pas).

Ensuite, ne nous focalisons pas sur les papiers… C’est la réalité du travail qu’il faut améliorer et non pas surtout les procédures, comme le font encore beaucoup de responsables qualité, encore trop influencés par les normes ISO et leur formalisme excessif. Collectons donc les suggestions concrètes des uns et des autres, décidons rapidement et réalisons rapidement.

Une démarche globale d’assainissement est toutefois souvent indispensable au préalable. Les problèmes sont en effet liés les uns aux autres et, en voulant résoudre l’un d’eux, on déroule toute la pelote de laine, exemple : un ouvrier contrôle mal parce qu’il est démotivé par une foule de motifs : des relevés d’heures et des primes qu’il conteste, un patron direct en butte avec le reste de l’entreprise, des collègues peu conviviaux, un travail difficile et peu reconnu… Le sanctionner ne fera que reporter le problème ailleurs. Pour un résultat durable, il faut s’attaquer aux causes. Mais il faut traiter toutes les causes... Comme dans un grenier en désordre, si on veut pouvoir ranger un objet avec succès, il faut commencer par faire un rangement général…

Les outils et méthodes :

Les outils et méthodes à mettre en œuvre sont simples. Citons les principaux :

Pour la détection des problèmes

  • Les réunions qualité périodiques par ilot, atelier, service… afin de réfléchir en groupe aux difficultés rencontrées et aux améliorations possibles.
  • La boîte à idées : Vous allez me dire que cela ne fonctionne souvent pas. Mais il faut naturellement respecter quelques règles : la limiter à l’organisation du travail uniquement, aux suggestions d’amélioration et non aux énoncés de problèmes, récompenser les meilleures idées et, surtout, agir vite. Car ce sont surtout les résultats concrets qui entretiendront le mouvement.

Entendons bien la boîte à idées au sens « large » : peu importe que les intéressés remplissent une fiche ou bien vous glissent leur idée au passage. Ce qui compte c’est le résultat.

Pour l'amélioration

  • Le suivi par les responsables de processus : Chaque processus à améliorer doit avoir un responsable dont le rôle central doit être justement d’améliorer, en concertation d'ailleurs avec les acteurs. Ce responsable doit bien connaître le sujet (il a un rôle d’ « expert ») et sa mission est de renforcer toujours davantage le fonctionnement du processus. On lui demandera un bilan régulier.
  • Les audits fonctionnels internes, très différents des audits « normatifs » qui se bornent généralement à signaler des écarts par rapport aux procédures. Les audits fonctionnels cherchent à résoudre un problème de fonctionnement en concertation avec les acteurs. Ils sont menés par un auditeur bien qualifié. Nous en parlerons dans un prochain article.
  • Les groupes de projet qualité (GPQ) : lorsque le problème à résoudre n’est pas simple et/ou implique plusieurs services, un groupe de travail peut être la meilleure solution. En qualité fonctionnelle, on lui imposera seulement une bonne rigueur de travail afin qu’il évite les erreurs : bien caractériser le problème au début, rechercher les solutions avec les acteurs, travailler au consensus, suivre jusqu’au bon fonctionnement… Mais l’objectif restera toujours de résoudre la question aussi vite et efficacement que possible. Ces méthodes sont détaillées dans le livre "certification utile..."

Retenons aussi que tout cela doit être fait avec beaucoup de psychologie et en maîtrisant bien le changement, en accompagnant les personnels, en les informant abondamment, en traitant les problématiques de mise en place, en récompensant les efforts…

En conclusion

La démarche qualité est comme la bicyclette : si on n’avance pas, on tombe. L’amélioration est donc son premier moteur. Le responsable qualité doit toujours se rappeler qu’au delà de la certification, qui constitue un enjeu formel et largement virtuel (le taux d’échec est extrêmement faible), on le juge aux améliorations concrètes qu’il apporte et que ce sont ces améliorations qui conditionnent en grande partie la suite de sa carrière.

La démarche fonctionnelle lui apporte alors toute une panoplie de méthodes efficaces tout en restant simples.

Christian DOUCET


[1]        Pour plus de détails, voir le livre "Certification utile : sortir du formalisme, remettre la qualité au service du développement de l'entreprise" (INSEP Editions) ainsi que des exemples sur le site http://www.qualite-info.net

[2]        Démarche que nous appelons la démarche fonctionnelle « globale » par opposition à la démarche d’amélioration continue qui lui succède

 

 

Voir aussi